- Détails
-
Mis à jour : vendredi 19 novembre 2010 14:16
-
Écrit par seb radix
A une époque, on trouvait sur tous les disques distribués par Tripsichord une étiquette collée par le distributeur, avec inscrit un style, un qualificatif des plus adéquats qui soit. Je ne m'étendrais pas sur le fameux "very serious underground music" inscrits sur les disques du label Prohibited, quoique je sois pas sûr que ce soit l'idée du distributeur... Ce dont je me souviens, c'est qu'il y avait inscrit "intelligent hardcore" sur le deuxième album de Condense... Et bien, justement, ce n'est pas de choses intelligentes dont il est question aujourd'hui puisqu'on va parler des Donnas :

Alors que je commençais à me faire à ce rythme de vacancier, mois d'aout peinard à Lyon etc... le hasard de la glande estivale à voulu que je me réécoute ces deux 45 que j'avais choppé lorsque je bossais dans unes de nos chères radios locales, où l'on peut parfois bénéficier de privilèges (ou inconvénients selon les cas), du genre récupérer certains disques ou même objets dérivés, à faire gagner aux auditeurs. Certains programmateurs de radios de la ferarock en profitent même pour en revendre quelques uns chaque semaine pour arrondir les fin de mois; moi, comme un con, j'ai encore mon tee shirt de Cornu, mes bouchons d'oreilles Deftones, mon puzzle de voyage K's choice, des dizaines de cds plus ou moins merdiques, j'en passe et des meilleurs... et puis quand même, j'y viens enfin: mes 45 tours des Donnas.
Cet été (nan, pas celui-là, l'autre...), j'ai bien coincé sur ces deux titres, sortis sur major dégeu (les premiers disques sont sur Lookout ! si ça peut vous rassurer), certes, mais en tous cas, diablement efficaces. Enormes riffs racoleurs, beats entrainants, avec la cloche sur chaque croche s'il vous plait, et surperbes voix de jeunes femmes qui ont des choses à dire: "Take it off", " Backstage, there's no backstage for you", etc... Quand les nanas se mettent à la jeune beaufitude à l'américaine, quoi... on dirait la version féminine de Kiss. Quelle classe, j'vous jure ! Ces morceaux, à force de me les réécouter dans la bagnole, sur n'importe quel trajet, en rembobinant à chaque fois que c'était fini, j'ai fini par me les procurer sur un des ces trajets, en faisant une pause chez un des disquaires locaux, en disant bonjour avant de filer directement au rayon "girls" ou "riot grrrls" ou je sais plus quelle apellation à la con, en ésperant y trouver désésperement plus de morceaux de mes icônes du moment... un petit coup d'achat compulsif, ou de "thurstonite".
19 euros le 33t des Donnas, encore sur major, ça pourrait faire mal au cul s'il était mauvais ce disque. Mais non. Dès que je tombe dessus, pas ou mal rangé, entre Leonard Cohen et les Reactionnaries, je me sens bizarrement comme une adolescente hystérique gonfléé de testostérone, qui se maquille et se parfume, pour aller au collège en écoutant pour la première fois du rock'n'roll, un peu fm, certes, mais du rock'n'roll quand même.
A vous de voir avec TAKE IT OFF
Là, j'vous mets les paroles * pour que vous le chantiez en écoutant le mp3 :
THE DONNAS - TAKE IT OFF
Bon, évidement, après je m'aperçois qu'il est 8h20, que les enfants sont pas encore prêts, l'école est déjà ouverte donc je redescends rapidement de mes fantasmes non assouvis, mon maquillage, mon sèche cheveu etc... mais avouez, lecteurs et lectrices de Grrrnd Zero magazine, que c'est pas Animal Collective qui va vous donner des bouffées de chaleur pareilles !!!
Ok, vous auriez préféré un truc sur un machin plus intello??? Ok, en voilà un peu. Les hollandais de The Ex, ont sorti il y a quelques années (93?? de mémoire**), un des albums les plus marquants de l'histoire du rock. "Mudbird shivers" ne paie pas de mine, comme ça, y' a des vrais refrains, ça chante, on retient des mélodies autres que celles chantées par Kat Ex, ou bien ces lignes de guitares noisy festives. Ce n'est peut être pas le meilleur album de The Ex, mais putain, il fait avancer les choses. Il fait cohabiter textes intéressants et refrains percutants qu'on chante sous la douche, rythmiques bruitistes hallucinantes ("red roper") etc... bref, ils proposent et amènent quelque chose. Et tout ça, grâce à quoi? à qui? Han Burhs, vocaliste invité sur ce disque, et sur tous les morceaux. Oubliez Mike Patton, mesdemoiselles. Oubliez Phil Milton, les gars. Han Burhs est le sauveur de la performance vocale ultime. J'en veux pour preuve ce disque avec The Ex, ainsi que les disques de son groupe, The Schismatics. Introuvables, même sur le net, Ebay, Gemm, etc... et, bon, voilà, je vous raconte pas encore une de mes journées d'été... mais bref, j'ai trouvé ce 45 chez Boul'dingue et j'en suis toujours pas revenu. Du prix non plus d'ailleurs.***
The Schismatics - Trigger Doom

* Pour lire les paroles, cliquer sur "lire la suite"
**C'est Olivié de Grrrnd Zero qui a mon disque, depuis... 1999 (je dis ça de mémoire encore, excusez, mais je bosse là dessus en ce moment...)
*** 18 euros, mais acheté 10 car erreur du vendeur puisque "tous les 45 sont à 10 euros"...
Lire la suite : Very serious underground music
- Détails
-
Mis à jour : dimanche 24 octobre 2010 16:23
-
Écrit par olivié
Dustin Wong, outre sa bouille de bienheureux perpétuel (cf photo), est un guitariste qui a le pouvoir de faire exploser des bulles de savon dans le cerveau quand on l'écoute. Il a monté Ecstatic Sunshine, puis est parti vadrouiller dans Ponytail.
En à peine plus d'un an, il a aussi sorti trois albums solos : Seasons (un cd-r), Let it Go (une cassette), et enfin Infinite Love (un double album chez Thrill Jockey, ça rigole plus).
Les deux premiers sont des bricolages assez réussis, où Dustin utilise de l'harmonium, des voix retravaillées, des claviers et des samples en plus de sa guitare.
Mais c'est Infinite Love - un seul long morceau, que l'on peut tout de même écouter en pistes séparées- qui le fait passer dans la catégorie "superheroes" de mon disque dur. Il y réduit sa palette instrumentale : une guitare, quelques pédales (distorsion, boucles, delay...), un tout petit peu de boîte à rythme. La musique est construite à partir de boucles mélodiques répétitives empilées les unes sur les autres. C'est très technique, ça va vite, le travail sur la rythmique, les timbres et les textures est étourdissant.
On pense à du Steve Reich groovy, à du post rock épique genre Explosions in the Sky mélangé à de la pop malaisienne psyché, ou à du John Fahey qui aurait fait un enfant avec Super Mario Bros. Car Dustin affectionne tout particulièrement les mélodies joyeuses et naïves; certains diront niaises, mais ils sont aigris.
Quelques extraits d'Infinite Love :
Infinite Love - 1
Infinite love - 14
Infinite Love - 12
Un long et beau morceau de Seasons :
Dustin Wong - Spring/Summer
Infinite Love sort en double lp, l'un est appelé Brother et l'autre Sister. Chacun commence et finit pareil, mais au milieu il prend des chemins différents (un peu plus expé sur brother, un peu plus pop sur sister).
Un dvd est inclus, pour mater en même temps qu'on écoute l'une ou l'autre version de l'album.
Dans quelques exemplaires, Dustin a inséré des tickets magiques qui donnent droit à un concert privé par Skype. Ecrivez nous si vous tombez dessus, merci, on amènera des bières. Dans tous les cas, on espère bien le faire jouer en 2011.
On peut acheter le disque ici.
