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Mis à jour : samedi 13 juin 2009 00:00
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Écrit par marion la fille extrêmement patiente
"Jesus Is A Brave Little Toaster Volume 1: Take Nothing But Footprints, Leave Nothing But Photographs" de Twocsinak et DJ Sarah Wilson est sorti sur le label Anglais Wrong Music.
Sur ce disque figurent 18 titres qui SURPRENNENT par une incessante recherche de l'inédit et de l'expérimental (tout ce qui fera potentiellement tressaillir nos petites oreilles blasées). Initialement, il s'agit d'un album de "reprises" et de "remixes", courant vers la dégénérescence, la parodie, le gag. On passe de la salle de bain (Janek Schaefer’s shaver) à la salle de concert (Approximate ribonucleic matching yields operatives for military endeavour). Le nom du groupe Anglais I know I have no collar devient ici la complainte débile d'un robot dépressif qui ne peut rien changer à sa condition (I know I have no input). Personnellement WOUAHAHA beaucoup.

(Bonjour, j'habite à Brighton et j'aime me travestir à l'occasion)
Avec son comparse Sj Esau, ils entonnent aussi des hymnes stupides et déviants sur leur matos de musique cassé (It must be to keep my so), ou bien sur l'ancien métier supposé de Twocsinak (réparateur de machines à écrire). Ça finit en choeurs déstructurés, c'est beau et drôle à la fois, et c’est une reprise de la chanson "Harmful Headfull" du même Sj Esau.
Twocsinak met parfois notre capacité d'attention à rude épreuve par son sens de la pirouette, des enchaînements impromptus et des virevoltages successifs. De cet album se dégage un sens de la composition à base de bordel impressionnant. Plaisir évident et communicatif. Les enchaînements sont abrupts, surprenants, et souvent très drôles (stero yo yo yo yo).
L'humour penche le plus souvent vers une sorte de régression érudite, parfois pince-sans-rire. C'est con et distingué à la fois.
Cela prendrait trop de temps pour tout expliquer, mais il faut savoir que derrière chaque morceau se cache un concept souvent incroyable : telle reprise est une transcription phonétique des paroles de la chanson originale, telle autre est inspirée de Philip Glass et finit en rasage de barbe, une autre chanson parle de sa durée… Et chacune de ces petites idées mises bout à bout pourrait aboutir à un résultat pompeux…mais non.
D’où :
Quelques explications PAR SON AUTEUR autour de ce qui peut parfois paraître déroutant à la 1ère écoute. Une sélection arbitraire et forcément incomplète au regard de cet album de génie, mais quand même bien foutue, et réalisée exprès pour grnd zero :
Le MÉGAMIX DE TWOCSINAK et DJ SARAH WILSON POUR GRRRND ZERO.MP3
Oui, c'est super bien. J'arrive pas à m'empêcher de rajouter des commentaires :
Nicholas
Voici un tube pour avoir des frissons, à écouter à l'aube, sur un sentier de forêt pris par le givre. Sinon, dans le bus, ça marche aussi.
Approximate Ribonucleic Matching Yields Operatives For Military Endeavour
Ici, Twocsinak s'adresse à un orchestre qui lui répond de manière incohérente, puis s'attaque à une reprise jazzy foireuse de Björk sous les huées du public. Les Monty Python ne sont pas loin.
Bleak war? Break law
Reprise de Bear walk de Freeze Pupy ; un sommet de débilité geek sur les bonheurs du fast-forward. Allez maintenant tu chantes aussi vite que tu peux. Allez.
I’m sorry.
I cannot sing as fast as I would like
Therefore I must rely upon an artificial means,
So when my voice has passed into the mic
It can accelerate without losing any phonemes.
But because I’m a self-referential tit
I can’t resist the urge to draw attention to my guile:
I used Quicktime. If you fast-forward it
It will double the speed of the original wavefile.
Personnellement, je mets Twocsinak dans mon top ten personnel des grands génies méconnus qu’on a envie de faire connaître à tout le monde. Oui oui.
Pour devenir son copain : http://myspace.com/twocsandsarah
Pour pleurer sur sa vie devant des cassettes qui tournent:
{youtube width="425" height="344"}ftUjaCDlv7Q{/youtube}
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Mis à jour : dimanche 13 septembre 2009 18:23
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Écrit par félicité
Je viens de tomber, au détour d'une mixtape, sur un groupe qui s'appelle Twin Lion et fait écho à plusieurs groupes dont j'ai jadis parlé ici.
Twin Lion fait du Blank Dogs californien (quelque chose qui se rapproche de Sic Alps ou Wavves sans les skateboards) lorgnant parfois vers Liars ou Urinals (pour le côté cavalcade de punk chamane), avec une touche occasionnelle de tropicalisme à la Ducktails et un chant qui rappelle le batteur/chanteur de No Age quand ses cordes vocales le laissent tomber. Soit une alternance de garage lo-fi tribal et de new wave âcre et agitée qui peut aussi faire penser au dernier EP de Abe Vigoda, mais ça on en reparlera au moment opportun, déjà bonjour le namedropping.
Le premier album de Twin Lion, Awesome Power, n'est pour l'instant sorti qu'en cassette. En écoutant ce titre on peut déjà passer 5 minutes de bien-être rudimentaire et finalement trouver que cette description soul / trance / concrete sur leur page tombe à point nommé:
safest in bear hugs
et d'autres:
vacation pt.2
burning sunlight

Family Time, le label de Twin Lion vient également de sortir le premier EP de Ancient Crux , "Interracial Coupling" (un intitulé idéologiquement engageant).
Ancient Crux mélange freak folk, comme on dit, et psychédélisme indolent et semble jongler agilement entre The Oh Sees, The Curtains, Women, les Zombies et Grizzly Bear. Voilà, j'ai battu mon record de nombre de groupes cités dans un post.
des mp3:
in teen dreams
untitled
pressure
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Mis à jour : mercredi 15 avril 2009 20:40
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Écrit par olivié

Dans les années 20, Gramophone -alors plus grosse maison de disques du monde- s'est mis à sortir des vinyles à destination des populations d'afrique de l'ouest, alors propriété de l'Empire Colonial de Sa Gracieuse Majesté. C'est donc à ce moment là que des africains ont commencé à enregistrer de la musique pour d'autres africains (de la musique éditée par des blancs pour faire des sous, entendons nous bien).
La compilation Living Is Hard réunit 23 chansons, piochées dans les milliers de 78 tours produits entre 1927 et 1929 à Hayes, dans le Middlesex.
Les morceaux sont à peu près tous magnifiques et pourraient servir d'illustration sonore au mot EMOTION dans un dictionnaire interactif. Par contre, leurs auteurs sont presque tous inconnus (ok, deux ou trois ont des disques trouvables, ou du moins une poignée de morceaux disponibles sur d'autres anthologies). La plupart des musiciens ont été ramassés dans des ports, parmis les dockers ou les marins, d'autres ont été importés d'afrique spécialement pour l'occasion. On entend ainsi des bouts de musique africaine, caribéenne ou américaine, parfois mélangés.
Living Is Hard, donc, puisque c'est une époque pas vraiment groovy quand on est noir en angleterre (pogroms dévastant des quartiers entiers à Cardiff et Liverpool, décrets forçant les noirs à travailler clandestinement, la fête perpétuelle quoi). Alors les gars y vont à fond pour chanter la douleur d'un monde injuste. Ca doit parler de résignation, de révolte, du fait que c'est pas toujours facile de marcher pieds nus avec quarante de fièvre sous la pluie londonienne, mais qu'on arrive malgré tout à tenir debout, et à vrai dire c'est tellement beau que j'ai même pas trop envie de faire des vannes crypto-débiles.
george williams aingo - akuko nu bonto
Le rigolo de la bande. Du calypso primitif, superbe, inouï, trop bien
harry e. quashie - anadwofa
Les hmm hmmh hmmmmh à 1.44 aident à comprendre pourquoi on vit
james brown - mukorin mantun
Pas le démon du dance floor, mais un homonyme inconnu qui soulève ton âme en ouvrant à peine la bouche. Son unique enregistrement.
nicholas de heer - ewuri beka
Non mais avoue que c'est poignant
Grâce soit rendue au label Honest Jon's pour avoir mis ces morceaux à disposition du monde. On peut acheter le disque ici.
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Mis à jour : lundi 13 avril 2009 17:25
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Écrit par fifi & olivié
Les Woods jouent de la folk-pop-bruyante-sur-les-bords, hirsute et grâcile.
Un exemple :
woods - don't pass on me
Une alliance de simplicité brute et de raffinement, produit d'une panoplie instrumentale digne d'un enfant farouche mais créatif qui s'enferme dans sa cabane en haut d'un arbre pour composer des ballades dont se moqueraient les autres de sa classe. Bien qu'ils habitent l'endroit où un grand nombre de jeunes urbains en quête de bon goût perpétuel songent parfois à s'exiler, leur musique dégage avant tout quelque chose de subtilement forestier et pastoral (oué, rien que ça).
Quand ils se mettent à chanter, ils ont l'habitude de prendre des voix de fausset, à la façon d'un bee-gee éraillé ou d'un bûcheron rabougri qui voudrait imiter Billie Holiday en coupant du bois. Dit comme ça, ça fait peur, mais le résultat est réussi.

A part ça, Woods est un groupe à la formation difficile à suivre. Aujourd'hui, elle semble s'être à peu près stabilisée autour de Jeremy Earl, Jarvis Taveniere et Lucas Crane. Le premier est fan de pop et s'occupe de Fuck it tapes et Woodsist (deux super labels au grain lo-fi très caractéristique, produisant un nombre honorable de groupes qui nous font paraître le temps moins long). Le deuxième joue aussi avec les punks de meneguar, et le troisième provient de l'univers coloré de la noise snob (il s'amuse avec un laptop et un lecteur cassette dans Nonhorse).
Le premier album (how to survive in the woods) a été enregistré dans une cave avec un seul micro. Il est très bien :
woods - holes
woods - broke
woods - silence is golden
Pour le deuxième (at rear house), encore meilleur, ça c'est passé dans la cuisine et un cousin leur a prêté un 8 pistes :
woods - don't pass on me (ah bin celui là je l'ai déjà mis en haut)
woods - be still
woods - ring me to sleep
Et maintenant, pour Songs of shame, leur petit dernier, on en est (presque) au vrai studio. Là je l'ai pas sous la main, je mettrai peut être un extrait plus tard.
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Mis à jour : vendredi 3 avril 2009 18:55
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Écrit par olivia
NERVOUS COP

Nervous Cop est ce que l’on pourrait appeler un super-side-project. Cet album (sorti en 2003) réunit en effet quatre indie-stars échappées de leur activité principale : Zach Hill (batteur de Hella), Greg Saunier et John Dietrich (batteur et guitariste de Deerhoof, entre autres), et la petite Joanna Newsom (avant la célébrité). Ce genre d’entreprise est souvent l’occasion pour des musiciens de s’autoriser de « petites folies », de faire un peu n’importe quoi sans trop s’inquiéter de ce que Pitchfork va en penser.
Le résultat tient parfois de la private joke ou de l’auto-complaisance, mais il arrive aussi qu’ils bossent pour de vrai et produisent un truc intéressant. C’est bien le cas ici. Avec cet album, la harpiste et les deux Deerhoof ont risqué leur bannissement de l’Olympe de la pop (pour Zach c’était déjà fait depuis longtemps). Ils y délaissent la mélodie au profit de ce qui mériterait l’appellation de salmigondis : « Assemblage disparate, mélange confus de choses ou de personnes. ».
Le groupe d’un jour ne recherche pas l’homogénéité, les sons cohabitent plus qu’ils ne construisent ensemble un même édifice; ce qui est d'ailleurs logique puisqu'ils n'ont jamais répété tous les quatre ensemble. Les deux batteries sont déréalisées par un bidouillage électronique qui les mue en un seul flux heurté de sonorités polymorphes. Là-dessus, Dietrich vient poser quelques sons synthétiques, et Newsom sa harpe (fort discrètement pendant un bonne partie de l’album). Un album plutôt chaotique donc, mais qui dénote aussi d’une réelle et réjouissante envie d’expérimentation.
MP3 :
nervous cop - Ill Pearls
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Mis à jour : vendredi 27 mars 2009 01:19
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Écrit par fifi

MP3 :
Sore eros - Smile on your face
Sore eros - Smile on your face (une version antérieure, d'abord on voulait en mettre une seule mais on a bu trop de muscat pour trancher)
Sore eros - Hey, look at the sky
Son nouveau disque, Second Chants, sort en vinyle limité à 500 exemplaires. Son label qui n'aime pas les voyelles (SHDWPLY records, oui) est néanmoins sympa et offre l'album en téléchargement intégral ici.
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Mis à jour : vendredi 27 mars 2009 01:20
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Écrit par germany joe

"Pope's sound is a force of nature.
Powerful, violent and beautiful.
Like a Honduran volcano spewing reptiles instead of lava"
Le bassiste/chanteur donne aussi de la voix dans les très bons bipolar bear (à ne pas confondre...), bientôt sur Gaffer Tapes.
écouter/voir : www.myspace.com/thepope
admirer/acheter : www.killshaman.com
Mp3 :
The pope - white people
The pope - great leap forward
The pope - the power of sports
The pope - grandma's moutain boogie
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Mis à jour : mercredi 18 mars 2009 12:53
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Écrit par ubik
hop, petite playlist autour de quelques formations féminines, plus un extrait live gz :
US Girls - A day at the race. US Girls c'est le projet de meghan, jeune américaine qui nous a envouté le temps d'un soir à grand guignol avec son set chant de mémé sur bande enregistrée, très à la mode ces derniers temps sur les petits labels k7 obscurs d'outre-atlantique. Ce titre est déjà dispo sur son myspace mais a l'air inédit et n'apparait sur aucune de ses 3 ou 4 releases cdr/cassette/vinyl qu'elle a déjà produit. C'est un peu plus rentre dedans que ce qu'elle fait d'habitude... Elle sera au mois de mars en tournée sur quelques dates avec Aids Wolf aux US (oui, une fois de plus, gz vous fournit des informations qui vous concernent de très près).
{audio}./imagesOLD2/stories/audio/02 US Girls - a day at the race.mp3{/audio}
Pocahaunted - Chains. La musique de ce duo d'américaines peut évoquer la complainte d'une chouette hagarde dans un bois scandinave. Pioché parmis la vingtaine de disques qu'elles ont sortis depuis 2006, voilà Chains, cover des ultra repris fleetwood mac. C'est issu de leur avant dernier LP sorti chez notnotfun fin 2008. Elle passeront par chez nous en juin et en live ça peux donner ça.
{audio}./imagesOLD2/stories/audio/05 Pocahaunted - Chains.mp3{/audio}
Aids Wolf - Live a grrrnd zero 12-05-2008. Un live gz, cette fois ci à Vaise en mai dernier (merci a nos sexysondiers pour leur bootlegs de prrestige). Les canadiens d'aids wolf, bien connus par 0, 0000000001% de la population mondiale pour leur atelier de sérigraphie Seripop, et également pour les cris de leur chanteuse freaks qui aime se déguiser en batman. Un extrait court mais énervé : Chinese Roulette (merci à romain ITEM pour ses chouettes photos).
{audio}./imagesOLD2/stories/audio/06 Aids Wolf - live a grrrnd zero 12-05-2008.mp3{/audio}
Zola jesus - Rester. Derrière ce nom intrigant se cache la performeuse nika roza danilova, qui était récemment en tournée avec Pocahaunted, et le sera bientôt avec Wet hair (l'un des nouveaux projet d'un des gars de raccoo-oo-oon). Ces références solides m'ont forcément donné envie de fureter un peu, et au final j'ai découvert cette sorte de weirdy-nowave emmené par cette mystérieuse chanteuse . C'est pas mal du tout, elle a sorti deux EP et a également participé à la compile V.A. XXperiments sur Die Stasi Records, qui a la particularité (tel Supreme Stef de S'étant chaussée) d'être dédiée aux filles (Cro Magnon, Luxury Prevention, Circuit des Yeux, Buckets Of Bile, Bird, US Girls....)
{audio}./imagesOLD2/stories/audio/08 Zola jesus - rester.mp3{/audio}
Downloader la playlist complète

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Mis à jour : vendredi 13 mars 2009 15:14
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Écrit par fifi
Le mois dernier, suite à l'apparition de dates fantasmagoriques sur internet, certains ont cru que Wavves jouerait avec Women au salon de Gerland. Les Wavves eux-mêmes ont demandé, des paillettes d'enthousiasme plein les yeux, si Women passait bien le même soir.
Bah non, la honte. Et pourtant on a essayé.
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Women est un groupe canadien dont le premier album éponyme, sorti en octobre 2008 sur Jagjaguwar (ça peut servir: va donc taper "women" tout court sur google), est assez formidable. Surtout si on l'écoute d'une traite en empruntant un quelconque moyen de locomotion - même ses propres pieds font l'affaire.
Women, donc, est une sorte de fondu enchaîné entre les canons de la pop et l'improvisation bruyante, avec parfois des intermèdes pleins d'arpèges ou de bruissements, le tout se succédant avec une insolente majesté.
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Women commence avec 'Cameras', dont les quinze premières secondes ressemblent à un choeur de cathédrale couvrant la résonnance d'un mystérieux tic tac, jusqu'à l'explosion sourde de la 16e seconde, qui entraîne n'importe quel corps doué de motricité dans des secousses rythmiques spontanées. Ca se clôt sur 'Flashlights', on dirait une espèce de free jazz qui se joue sur une péniche faiblement éclairée par des guirlandes rouges clignotantes, et le bateau tangue, et il semble s'enfoncer.
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Tout ce qui est situé entre peut rappeler les Beach Boys, voire les Mamas & the Papas pour certains titres aux harmonies passablement hippies, tandis que les morceaux plus nerveux et erratiques mélangent Velvet Underground période Nico/banane, This Heat, Sonic Youth, ou même des groupes avec un peu moins de varices, comme Deerhunter.
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D'ailleurs, dans un passé moyennement lointain, il m'est aussi arrivé d'ajouter qu'il s'agissait d'un disque "qui pourrait servir de BO à une existence déjà bien remplie, comme dans un film de Lelouch". Voilà, comme ça, ça donne encore plus envie et ça m'évite de réellement conclure.
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mp3:
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Mis à jour : mercredi 20 mai 2009 12:32
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Écrit par pif
C'est au détour d'une réunion de notre éminente instance que j'ai appris de la voix de notre président que ce site où tu traines là maintenant reçoit rarement moins de 800 visites par jour, Quelle occasion inespérée de parler de plein de choses importantes comme la musique de jeunes, ses codes et les valeurs qu'elle est supposée transmettre.
Rien que dix ans plus tôt il aurait fallu écrire ces inepties dans un fanzine papier qui serait lu seulement par quelques trop rares initiés, et la musique, pour peu qu'on s'y intéresse vraiment et qu'on ait pu faire quelques heureuses rencontres, aurait circulé par le biais de K7 ré-enregistrées pour cause de disques introuvables ou tout simplement épuisés.
Adolescent, une de ces K7 usées m'aura permis en 1990 d'enregistrer une émission de Bernard Lenoir consacrée aux dix ans de la mort de Ian Curtis. Il y avait un invité qui possédait tous les disques de Joy Division. A l'époque, comme pratiquement tout le monde au lycée, je connaissais Joy Division mais j'étais loin d'imaginer qu'ils aient débuté comme un simple groupe de punk rock, avant d'être rattrapés par la production dark 80's.
Joy Division, c'était les t-shirt, les affiches et les cartes postales, plein de produits dérivés d'un groupe devenu mythique après la mort de son chanteur, un peu comme Bob Marley ou Jim Morrison mais en plus underground, une valeur sure, bien pratique pour se reconnaitre parmi les ados durant les années 80 et encore aujourd'hui, à la ville comme à la campagne.
Les fabricants de merchandising l'ont bien compris, le jeune est une cible de choix quand on lui propose des concepts rassurants et faciles à comprendre: la drogue c'est cool, la jeunesse emmerde le front national, se suicider à 21 ans ça déchire...
Une fois rangé des bécanes, l'ex-jeune pourra voter PS en toute bonne conscience, consommer sa vie d'adulte et pourra toujours considérer la musique comme un loisir, il pourra même dénigrer les initiatives des plus jeunes, prétextant que c'était mieux avant.
Les choses semblent parfois nous échapper, noyées dans la masse sous forme de divertissement, mêlant pratiques culturelles autonomes qui peuvent s'avérer rentables, évènements culturels institutionnalisés qui tournent à perte, contribuables dociles, bénévoles, professionnels, et enfin public. Reste à espérer que ce dernier, lassé d'être infantilisé, deviendra plus exigeant et actif à son tour, comme un juste retour des choses.
Aujourd'hui on a même droit à un film sur Ian Curtis. La seule chose qui nous sera épargnée c'est la reformation de Joy Division pour jouer en première partie de Laurent Garnier.
Au passage, un lien vers le fan-site de Warum Joe, un autre groupe moins connu bien que presque aussi vieux, et toujours en activité, qui ont joué ici en mai dernier.
Une pensée pour hamani qui vient de nous quitter, c'était le guitariste de straight to hell qui jouait en première partie de warum joe ce soir là.
Joy Division - Leaders of men
Le site de warum joe